Coup de cœur

La très belle histoire des carnets de Lieneke

Lieneke, la benjamine de la famille Van der Hoeden.

Dimanche matin sur France Inter, Eva Bester rappelait dans son excellente émission « Remède à la mélancolie » – où elle invitait Scholastique Mukasunga – un merveilleux petit coffret de livres pour enfants, « Les carnets de Lieneke » (Jacob Van der Hoeden, traduit du néerlandais par Matthias E. Kail, Agnès Desarthe, L’école des loisirs, 9 carnets + 1 dans un coffret). Excellent choix que cette trouvaille publiée en français dans sa présentation d’origine fin 2007, il y a dix ans!

« Les carnets de Lieneke », c’est un petit coffret de couleur crème, avec un titre en forme d’étiquette et le dessin d’un poussin sortant de son œuf. Un objet qui plaît immédiatement. A l’ouverture du coffret, on découvre neuf ravissants petits carnets (9,5 x 14,5 cm), au look ancien, reliés d’un simple brin rouge. Un dixième mini-cahier les complète, qui raconte leur histoire.

Les différents carnets.
 (c) l’école des loisirs.

Car Lieneke a existé. Dernière d’une fratrie, elle vivait en Hollande avec ses parents, son frère et ses sœurs. Elle avait six ans quand la guerre a éclaté. Elle n’était pas une petite fille comme les autres, elle était juive. « Assez vite, notre vie est devenue compliquée », écrit Agnès Desarthe qui a pris la plume pour raconter l’histoire de Lieneke dans le dixième carnet. Son père ne travaille plus à l’hôpital mais à la maison. Les premières déportations ont lieu. La famille part se cacher à la campagne, séparément, sous un autre nom. Lieneke s’en va d’abord avec son père et sa sœur Rachel. Puis se retrouve seule dans une famille. Elle n’a que dix ans. Pour la soutenir dans sa tristesse et sa solitude, son père, résistant, lui envoie en cachette des petits carnets écrits et illustrés de sa main, joyeux, blagueurs, avec des nouvelles codées de la famille.

(c) l’école des loisirs.

La règle était de les détruire mais les parents adoptifs de Lieneke n’ont pu s’y résoudre. C’est ainsi qu’il nous est donné de prendre connaissance aujourd’hui de ces extraordinaires témoignages d’amour d’un père pour sa petite fille. Les carnets originaux sont conservés en Israël, où Agnès Desartheles a découverts lors d’un séminaire. « L’organisatrice, qui savait que j’écrivais des livres pour enfants », explique-t-elle, « me les a montrés et m’a demandé si je pensais qu’on pourrait en faire un livre. » La réponse est là, belle, précieuse, infiniment touchante. Pour enfants, ados et adultes.

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